Parcs & paddocks,

Gestion des prairies

Le cheval est un herbivore monogastrique. Il va donc pouvoir brouter une herbe plus rase qu’un ruminant et ajuster son temps de pâturage en fonction de la disponibilité de la ressource. Cette forte adaptabilité à une ressource rare va façonner son environnement. La compréhension du comportement alimentaire associé à une bonne approche du cycle de l’herbe permet de mieux valoriser «l’or vert» .

Effets du pâturage équin sur la prairie

Son appareil digestif se caractérise par une bouche équipée d’incisives en haut et en bas (contrairement aux ruminant dépourvus d’incisives supérieures), un petit estomac et un caecum très développé. Comme il ne « perd pas de temps » à ruminer, son temps moyen de pâturage est le double de celui d’un bovin et il se satisfait des pâturages de moindre qualité sur lesquels il augmente son temps de pâturage (jusqu’à 19h /j !) pour couvrir ses besoins. En plus de sa grande capacité d’ingestion, le cheval varie son comportement suivant les conditions environnementales ; en période de forte chaleur et de présence d’insectes piqueurs diurnes, il se reposera plus le jour pour plus brouter la nuit.
Cette « super adaptabilité » génère toutefois quelques inconvénients du point de vue de l’éleveur s’il n’en tient pas compte dans sa conduite de pâturage. A hauteur d’herbe différente, le cheval va s’orienter vers celle qui a la meilleure valeur alimentaire notamment en termes de protéines digestibles. Il va se concentrer sur l’herbe jeune et va surpâturer certaines zones au détriment des zones d’herbes hautes et ligneuses dans lesquelles il va déposer ses crottins. Laissé en pâturage continu sur une parcelle de grande dimension, un groupe de chevaux va rapidement dégrader le couvert végétal, ce qui va se traduire par un épuisement des graminées, une colonisation par le trèfle blanc et les plantes à rosettes et un embroussaillement des zones de refus. Sans une gestion bien adaptée, une pâture livrée aux seuls équins va se dégrader avec un appauvrissement des zones surpaturées et un embroussaillement des zones de refus.
Le coût de revient d’une tonne de MS (Matière Sèche) pâturée est d’environ 29 € alors qu’elle revient à 60 voire 80€ en stock de fourrage. Un cheval de 500 kg peut se nourrir de 17 kg de MS pâturée et couvrir ses besoins pour 0.5 € par jour. La même ration à base de 12 Kg de MS en foin et 2.5 kg de concentrés à 400 €/t reviendra à 1.72 € soit presque 3.5 fois plus. La gestion précise et performante de l’herbe constitue donc un levier économique important pour les structures équestres.

Quelle méthode de pâturage ?

Le pâturage continu

Cela consiste à laisser des animaux en permanence sur la parcelle et à adapter le chargement (nombre d’ animaux à l’hectare) à la disponibilité d’herbe. En région humide et sans apport d’azoté, on chargera la parcelle à 2.5 à 3 chevaux / ha pour réduire à 2 en été. Cette « technique », sans réelle gestion de l’herbe a l’avantage de ne nécessiter que peu de clôtures, appliquée plus d’un mois aboutit à une dégradation assez rapide de la parcelle. Les effets de dégradation peuvent être différés par un pâturage mixte avec des bovins.

Le pâturage tournant

L’objectif du pâturage tournant est d’optimiser l’herbe pâturée ; ce qui passe par le maintient de la qualité des prairies. Le principe consiste pour chaque lot d’animaux à diviser la surface en herbe disponible en un minimum de 5 parcelles. Le temps de passage des animaux sur chaque parcelle est court avec un chargement important de façon à consommer rapidement la partie supérieure du couvert végétal. Les animaux passent dans la parcelle suivante avant que l’herbe ne soit trop rase (4 à 5 cm) pour préserver ses capacités de repousse. Et ainsi de suite pour revenir à la première parcelle qui se sera reposée au moins 21 à 35 jours au printemps et au moins 35 à 45 jours en automne. De cette façon, les chevaux disposent en permanence d’une herbe de bonne qualité à volonté, les refus sont réduits au minimum.
Cette technique nécessite de définir au préalable la Surface de Base (SB) qui sera exclusivement pâturée et la Surface Complémentaire (SC) qui sera fauchée et pâturée. Lors de la mise à l’herbe, la SC pourra être utilisée en déprimage : passage très rapide des animaux avec un chargement important pour valoriser le début de pousse sans porter à conséquence sur la récolte de fourrage.

Le pâturage mixte

Cela consiste à faire pâturer les mêmes parcelles simultanément ou successivement par des équins et des ruminants, souvent des bovins. Cette technique offre plusieurs avantages : Une meilleure valorisation de l’herbe ; les uns consommant les refus des autres, une diminution du parasitisme, les uns cassant le cycle de contamination des autres. En pratique et comme ils broutent plus haut du fait de leur dentition, on fait passer les bovins avant ou au même moment que les chevaux. Cette technique sous-entends que la clôture pout les chevaux est également adaptée pour les bovins.

La clôture : l’outil de gestion du pâturage

De façon générale, les clôtures pour chevaux se doivent d’être efficaces, sûres, durables et pratiques. La dimension esthétique est également importante pour l’agrément du cadre de vie d’une part et pour montrer des équipements soignés appréciés par la clientèle d’autre part.

La périphérie du parcellaire doit être traitée avec une clôture permanente qui allie l’efficacité d’une clôture électrique à la sécurité d’une clôture physique. La clôture bois doublée d’une électrification de protection est tout particulièrement indiquée. Pour gérer le parcellement nécessaire au pâturage tournant, on utilisera deux types de clôture :
La clôture permanente électrique pour contenir les chevaux dans les parcelles de rotation. Ne nécessitant pas le même niveau de sureté qu’une clôture de limite de propriété ou de bord de route , la clôture de parcellement gagne à être réalisée en clôture permanente : le résultat visuel est impeccable et on fait une économie de temps par rapport à une clôture mobile qu’il faudrait faire et défaire chaque année. Le concept Hors’braid est idéal pour réaliser des paddocks de pâturage tournant : Il est à la fois simple de mise en œuvre, économique par l’espacement important qu’il permet et sécuritaire par la tension des fils et l’efficacité électrique des fils cuivre étamé 40 fois plus conducteurs que l’acier.
En période de forte pousse d’herbe on pourra rediviser les parcelles avec de la clôture chevaux mobile. Cette méthode permet une gestion optimale de l’herbe par un fort chargement et une vitesse de rotation importante (1 à 3 jours dans chaque parcelle). Elle demande cependant plus de temps à l’installation et au démontage. Il faudra alors s’équiper d’enrouleurs, de tresse électric braid et de piquets de clôture mobile PVC permettant un chantier rapide et efficace.

Une organisation selon la saison

Chaque saison se traduit sur l’herbage par une vitesse de pousse de l’herbe différente. Au printemps où la vitesse de pousse est maximum, on réduira la taille des parcelles avec les clôtures mobiles et on les laissera se reposer entre 9 et 18 jours. Une partie de la surface en herbe est consacrée à la constitution de réserves en foin ou enrubannage. En été, la pousse de l’herbe est faible. On agrandit les parcelles en introduisant la SC dans le cycle de rotation des parcelles. Le repère de hauteur d’herbe à 4/5 cm donne le signal du changement de parcelle. A cette saison, toute la surface en herbe est consacrée au pâturage. Le temps de repos des parcelles est alors maximum. En automne, l’herbe connait une repousse moins intense qu’au printemps. On laissera alors un temps de repos des parcelles de rotation compris entre 16 et 36 jours.

Lorsqu’une parcelle atteint une hauteur d’herbe supérieure à 20/25 cm, il vaut mieux la réserver à la fauche que de la faire pâturer. Les chevaux vont coucher l’herbe autant qu’ils vont la brouter et créer de grandes zones de refus. Consacrer cette parcelle à la fauche est une bien meilleure valorisation. Dans un cycle de pâturage tournant, cette parcelle saute simplement son tour.
L’herbe est une ressource naturelle capitale tant du point de vue physiologique pour le cheval que du point de vue économique pour l’exploitant. Sa gestion passe d’une part par sa connaissance et d’autre part par une gestion précise de son cycle et un équipement en clôture pratique et efficace. C’est là un levier économique encore largement sous exploité et qui gagne donc à être découvert.

Les règles du pâturage tournant

  1. Raisonner le parcellement en amont pour organiser abris, points d’eau et circulations

  2. Position stratégique du point d’abreuvement qui doit demeurer accessible depuis chacune des parcelles

  3. Chaque parcelle doit disposer d’un abri afin que les chevaux se préservent du soleil (accompagné d’insectes en été) et du vent qui sont les aléas climatiques qui les gênent le plus. Cet abri peut être naturel comme des haies ou un abri en bois positionné stratégiquement à proximité du point d’eau s’il s’agit d’un abreuvoir. On évitera de positionner l’abri à proximité d’un cours d’eau à cause des risques d’inondation et de la concentration des insectes.

  4. Les barrières d’entrée adaptées. Chaque type de clôture sera accompagné du système qui lui correspond : Portail bois pour la clôture permanente périphérique. Portail galva ou Hors’gate pour la clôture permanente de parcellement et kit élastique ou kit porte ruban pour la clôture mobile.

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