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Les fondamentaux du comportement équin

bien-etre-ecurie-chevaux-tapis-caoutchouc1-620x350 Les fondamentaux du comportement équin

Les écuries peuvent êtres des lieux de loisirs comme les centres équestres ou les établissements de tourisme. Elles peuvent également être des lieux de travail comme les écuries d’entraînement. En tout état de cause, elles sont toujours le lieu de travail de personnes et le lieu de vie de chevaux. À ces deux titres, la question du bien-être y devient particulièrement importante. L’évolution des connaissances sur le comportement du cheval nous invite à reconsidérer les pratiques traditionnelles et à en remettre certaines en question. Le contexte économique nous oblige parallèlement à considérer les charges de personnel de l’entreprise de façon à optimiser la productivité des structures équestres avec un personnel moins nombreux qu’auparavant et travaillant dans de meilleures conditions (lire article “Limiter la pénibilité du travail dans les écuries“).

LES FONDAMENTAUX DU COMPORTEMENT ÉQUIN

Le budget temps, c’est la répartition moyenne des activités d’un cheval sur une période donnée. Les valeurs des différents postes sont assez constantes bien que influencées par des paramètres de saison, de sexe de l’animal.

Le saviez-vous? Budget temps moyen sur 24 h d’un cheval à l’état naturel Alimentation : 15 à 16 h Repos : 5 à 6 h Déplacements : 2 h Autre dont comportement sociaux : moins de 1 h.

On constate d’abord l’importance du poste alimentation chez le cheval. À l’état naturel, le cheval consomme une alimentation très variée composée de graminées, de pousses, de fruits, de racines, d’écorces etc. Animal de steppe, il ne dispose que d’une alimentation énergétiquement pauvre et consacre une très large majorité de son temps à la recherche et à la consommation de cette nourriture. Cette végétation clairsemée lui demande un effort de locomotion permanent et lent. Le temps réservé aux comportements sociaux est très réduit. S’il est plus important chez les mâles surtout en période de reproduction, il demeure réduit chez les femelles et les juvéniles. Paradoxalement, l’importance du groupe social chez le cheval est capitale ; le stress généré par l’isolement est celui qui génère chez lui les réactions les plus spectaculaires (hennissements, agitation, tentatives de franchissement de clôtures, etc.). Dans la nature, quitter le troupeau le met en danger de mort. Le cheval à l’état naturel est donc un herbivore qui passe la majorité de son temps à se nourrir d’une végétation pauvre en se déplaçant lentement au sein d’un groupe social soudé. Cela peut sembler évident à priori mais il faut s’en rappeler lorsqu’on installe ou améliore une structure. Cela va nous aider à améliorer le bien-être des animaux que l’on héberge. Bien entendu les chevaux qui peuplent nos écuries diffèrent de leurs ancêtres sauvages. Nous leur assurons une protection contre les pré- dateurs et une certaine abondance alimentaire. Il n’en demeure pas moins que les bases de leurs comportements restent identiques et que le cadre de vie que nous leur imposons, influence leurs comportements. Dans certains cas, il peut même être à l’origine de pathologies comporte- mentales comme les stéréotypies ou de pathologies physiologiques comme l’emphysème.

Le besoin de s’alimenter

Le temps passé à s’alimenter est une constante chez le cheval. En situation naturelle 65 à 75 % du temps est consacré à l’alimentation. Plus que la quantité ingérée, c’est le temps passé à manger ou à rechercher la nourriture qui importe. L’idéal est donc qu’ils disposent d’une alimentation et notamment du fourrage à volonté accessible en petites quantités. Lorsque ce n’est pas le cas, le cheval va reporter en partie son comportement sur la paille. On observe que les chevaux qui passent de longs moments sans manger développent plus fréquemment des ulcères gastriques et des stéréotypies comme le tic à l’appui ou le tic à l’air.

La grégarité

Les chevaux vivent en petits groupes sociaux qui apportent notamment la sécurité aux individus. Le fonctionnement de ces groupes est prioritairement régi par les relations de dominance. Une fois établies, elles permettent d’éviter les bagarres par le fait que les subordonnés évitent les dominants et leur laissent un accès prioritaire aux ressources. Les chevaux domestiques cherchent à recréer cette organisation et sont très sensibles à la présence ou l’absence des individus. Le fait de conserver un lien visuel avec le groupe semble particulièrement important à leurs yeux.

Le besoin de locomotion

En conditions naturelles, le cheval passe beaucoup de temps à se déplacer lentement tout en mangeant. Quelques déplacements plus longs sont nécessaires pour aller boire ou changer de pâturage. Ils se font toujours au pas. Les allures rapides sont réservées à la fuite des dangers potentiels et aux comportements sociaux comme les évitements ou les combats. Lorsqu’il vit au box, c’est un peu comme s’il accumulait toute cette énergie non dépensée et qu’il la libérait d’un coup lorsqu’on le lâche au paddock. Plus le cheval passera de temps hors de son boxe, moins il aura envie de se défouler et de risquer de se blesser en partant au galop et en «coups de cul» à froid.

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