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abri mobile une réelle alternative au permis de construire ?

L’abri pour chevaux est une obligation pour les détenteurs d’équidés qui ne doivent pas laisser leurs chevaux sans protection contre les aléas climatiques lorsque l’environnement naturel ne permet pas de s’en protéger convenablement. Pour des raisons pratiques ou règlementaires, le recours à l’abri déplaçable est une solution qui est souvent envisagée. Pour démêler le vrai du faux, la réalité de la légende urbaine, intéressons-nous au fameux abri déplaçable. Après un petit rappel règlementaire, nous tenterons de prendre le point de vue du cheval pour comprendre l’utilité réelle d’un tel abri. Enfin, une approche pratique des usages possible et pertinents de l’abri tractable sera effectuée avant de bien mettre au clair les situations dans lesquelles l’emploi de cet abri n’est pas indiqué.
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Abri mobile et règlementation

L’hébergement de chevaux en extérieur est soumis entre autres à l’article R. 214-18 du code rural qui stipule que les animaux ne doivent pas être gardés en extérieur lorsqu’ils n’ont pas d’abri leur permettant de se protéger des variations climatiques. En dehors de ne pas se poser la question de savoir si les chevaux souffrent ou pas de ces variations, cet article pose une obligation de moyen, en l’occurrence celui de fournir un abri. Parallèlement, lorsqu’un terrain n’est pas constructible, un particulier ne peut en aucun cas y construire un abri. Un agriculteur pourra, s’il se conforme au PLU en ériger un en fournissant une déclaration de travaux à la mairie pour un abri de moins de 20 m² ou en déposant un permis de construire pour un abri de plus de 20 m². Les choses se corsent lorsque l’on ne rentre pas dans ces cases. La réglementation (prévue initialement pour les installations foraines permet généralement l’installation temporaire de structures mobiles ou démontables. C’est bien la mention « temporaire » qui importe et non la mention « démontable » souvent mise en avant à tort. C’est pour répondre à cette notion de « temporaire » que les hébergeurs de chevaux ont recours à l’abri déplaçable. L’esprit de la loi est alors que la structure soit installée puis enlevée et non déplacée de quelques mètres pour contourner la règlementation. Le maire serait en droit de prendre un arrêté adéquat contre une pratique de ce type.

Comportement des chevaux

Essayons d’éviter le réflexe naturel anthropomorphique et observons…

L’utilisation la plus fréquente de l’abri par les chevaux concerne essentiellement la protection contre le vent d’une part et contre les insectes et la chaleur d’autre part. La pluie ne semble pas avoir d’influence notable sur leur comportement habituel et ne semble pas modifier significativement leur budget temps. Enfin, un des paramètres importants pour l’utilisation de l’abri est son implantation. En effet, certains abris sont totalement délaissés alors que certains autres semblent être d’un point de vue équin « the place to be ». Généralement, les chevaux les apprécient lorsqu’ils sont implantés sur des points hauts, dos au vent dominant et avec un point de vue sur les congénères. Cependant, comme nous vivons dans deux monde sensoriel différents avec des enjeux émotionnels différents, il nous est parfois difficile à nous « pauvres humains » de comprendre les tenants et les aboutissants qui font que tel implantation est plus favorable que telle autre. L’abri à chevaux mobile a cet avantage de permettre des ajustements pour mieux convenir aux besoins des chevaux.

L’abri mobile en pratique

En pratique, les proportions d’un abri mobile ne diffèrent pas de celles d’un abri traditionnel. L’abri de 4×3 convient généralement pour 2 à 3 chevaux qui s’entendent bien et à 3 à 5 poneys bien complices en fonction de leur gabarit.

La différence principale de cet abri est évidemment la structure de châssis sur laquelle il est monté, Elle est composée de 2 patins de gros diamètre sur lesquels l’abri pourra glisser lorsqu’il sera déplacé d’un point à un autre. Chaque patin se termine par une partie recourbée renforcée pour accueillir une chaine de traction. Ces tubes génèrent une légère surélévation de l’abri. Supportant tout le poids de l’abri, ils sauront naturellement tendant à d’enfoncer légèrement dans le sol, ce qui rend l’accès à l’abri très sécurisant car les chevaux qui en risquent pas de buter contre la structure. Les patins sont reliés entre une par une structure boulonnée robuste.

L’abri tractable : pour quels usages ?

En pratique, l’abri tractable / déplaçable permet un certain nombre d’usages :

  • Installation temporaire d’un abri sur une zone non constructible

L’usage initial d’un abri déplaçable est d’équiper des pâtures sur lesquelles il n’est pas possible de construire. Comme la réglementation est sensée être généralement bien faite, si ces zones ne sont pas constructibles, c’est qu’il y a une bonne raison. Le cas typique est celui de pâtures en zone inondables comme des zones d’expansion des crues. Elles sont généralement exploitées d’abord avec une coupe de foin pour être ensuite pâturées par les chevaux. A cette période plus tardive et souvent plus chaude, ces derniers auront nécessairement besoin d’un abri pour se protéger des insectes et du soleil. L’abri mobile trouve alors toute sa raison d’être.

  • Équipement pour pâturage tournant

Lorsque la configuration de parcelles de pâturage ne permet pas de créer un accès général à un abri fixe avec par exemple des parcelles en enfilade, l’investissement dans plusieurs abris peut vite devenir trop onéreux. Là encore, l’abri déplaçable est une bonne solution pour suivre la rotation des parcelles.

  • Autres usages

Beaucoup d’autres usages peuvent justifier l’emploi d’un abri déplaçables comme l’équipement de pâtures en rotation avec des cultures et sur lesquelles l’abri ne sera installé que temporairement. Il est également important de comprendre dans quel cas cet usage ne se justifie pas.

Une fausse bonne solution dans certains cas

Il existe enfin certains cas où un abri déplaçable n’est pas la bonne solution. C’est majoritairement le cas de cette idée reçue selon laquelle il suffit de déplacer l’abri tous les 3 mois dans un pré pour contourner la réglementation qui interdit de construire sur la parcelle. Une telle pratique n’est pas légale et entrainera tôt ou tard les autorités à contraindre celui qui l’utilise à retirer son abri de cette parcelle.

 

L’abri déplaçable est un excellent outil pour équiper temporairement des parcelles de façon à offrir plus de confort aux chevaux. Il est cependant important de bien se poser la question de savoir si l’on va se donner le temps nécessaire au déplacement de cet abri d’une parcelle à l’autre. En effet, même si la logistique nécessaire est relativement légère pour une exploitation agricole, cela demande du temps qui est une denrée rare dans les établissements équestres.

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